• Map of 1871 electoral districts in British Columbia

    Carte: Elections BC

Lorsqu’on essaie de reconstituer un casse-tête, on commence par placer les coins, ensuite les bords, tout cela en examinant comment remplir le centre. Le Dominion du Canada s’est formé d’une façon semblable, et le morceau clé du coin était la Colombie-Britannique. L’ajout de la province a établi le fondement d’un pays reliant un littoral à l’autre dont la courtepointe des territoires en jeu a finalement été cousue grâce à la route du chemin de fer transcontinental — une promesse qui a conclu l’accord pour la C.-B. 

Le Canada que nous connaissons aujourd’hui, cependant, a bien failli ne pas exister. Des forces souhaitaient que la C.-B. demeure une colonie britannique sous le règne d’une assemblée partiellement élue et partiellement nommée, non contrainte d’adopter un gouvernement entièrement élu ou « responsable ». Un autre groupe voulait que la C.-B. se joigne aux É.-U., où la plus grande partie de ses affaires commerciales se réglaient. Mais ceux qui prônaient la Confédération ont eu un peu de chance, et une certaine bienveillance d’Ottawa.

Fondée en 1858 pendant la ruée vers l’or du fleuve Fraser, la C.-B. s’est unie à l’île de Vancouver pour former l’une des deux colonies du Pacifique de l’Amérique du Nord britannique. Cette même année, un homme du nom d’Amor de Cosmos est arrivé sur l’île de Vancouver. Photographe originaire de la Nouvelle-Écosse, il avait traversé les gisements aurifères de la Californie et, en cours de route, avait changé son nom en Amor de Cosmos de William Alexander Smith pour refléter son amour des aspirations grandioses. De Cosmos fonda le journal The British Colonist, dont le premier numéro contenait sa défense de la fusion des deux colonies du Pacifique. Après que cette fusion fut votée, de Cosmos a contribué à organiser la Ligue de la Confédération, en 1868, pour mobiliser les appuis en faveur de l’union avec le tout nouveau pays du Canada. Sans surprise, il était confronté à des membres non élus du gouvernement colonial qui craignaient de perdre leurs emplois et leurs pensions. Un de ces membres était le gouverneur Frederick Seymour, dont la mort en 1869 et son remplacement par Anthony Musgrave, en faveur de l’union, a renversé l’équilibre dans le débat. Le terrain était préparé pour la Colombie-Britannique en 1870, quand le Canada a acheté de la Compagnie de la Baie d’Hudson la vaste région située entre les Grands Lacs et les Rocheuses, et que le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest se sont joints à la Confédération. 

Les 37 résolutions de la Ligue de la Confédération, qui énonçaient les conditions de l’union, comprenaient les suivantes : le remboursement de la dette de la colonie par le Canada, le contrôle provincial sur l’éducation, l’immigration et les politiques d’attribution des terres, et la construction d’une voie carrossable entre la C.-B. et l’Est. Une délégation a livré les propositions à Ottawa, ainsi qu’une demande pour garder le gouvernement colonial en place. Mais le Canada a insisté sur un modèle de gouvernement responsable. Pour rendre le marché plus intéressant, il a accordé des pensions aux fonctionnaires non élus qui seraient déplacés, a affecté trois sénateurs et six députés à la C.-B. et a changé la route d’accès carrossable marécageuse pour une voie ferrée jusqu’au Pacifique. Le 20 juillet 1871, ces conditions ont été adoptées par l’Assemblée de la C.-B. et le Parlement pour créer la sixième province canadienne. De Cosmos en serait le deuxième premier ministre. Malheureusement, en dépit de leurs discours sur l’unité, les représentants de la C.-B. de l’époque s’opposaient aux concessions de terres aux Premières Nations, refusant de négocier des traités ou de reconnaître les titres fonciers, ce qui laissa la majorité de la province sur un territoire non cédé. 

Le Chemin de fer Canadien Pacifique a finalement été terminé en 1885, et le casse-tête fut complété avec l’Alberta et la Saskatchewan en 1905. En fin de compte, l’entrée de la C.-B. dans la Confédération a concrétisé le rêve d’un pays « d’un océan à l’autre », a mari usque ad mare, la devise figurant sur les armoiries du Canada.

Carte: Elections BC