• Nancy Dicks, mairesse de New Glasgow; Henderson Paris, président du Comité commémoratif Viola; et Alexis MacDonald, directrice des opérations chez MacGillivray Injury and Insurance Law, célèbrent l’achèvement du mur commémoratif Viola Desmond sur Viola's Way à New Glasgow. (Photo : avec la permission de MacGillivray Law)

Il y a 75 ans, un soir fatidique de novembre, Viola Desmond est entrée dans le cinéma Roseland de New Glasgow. Elle cherchait à passer le temps en attendant que sa voiture se fasse réparer. Elle est repartie sous escorte policière.

Desmond, une femme d’affaires prospère d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, avait demandé un siège à l’avant de la salle de cinéma. Quand on lui a ordonné de s’asseoir à l’étage en raison de sa race, elle n’a pas cédé. Elle a fini par être traînée hors du cinéma sans savoir que le combat juridique qu’elle allait livrer rapprocherait la Nouvelle-Écosse de l’abolition de la ségrégation.

Dans les décennies qui ont suivi, alors que de plus en plus de gens découvraient le combat livré par Desmond, le cinéma Roseland a disparu. Dans les années 1990, la concurrence venant du cinéma multisalles du centre commercial Aberdeen tout proche a entraîné la fermeture définitive du cinéma Roseland. Le bâtiment a repris vie sous forme de boîte de nuit, le Roseland Cabaret. 

Le bâtiment semblait destiné à susciter la controverse. En 2013, Scott Jones, un client du Roseland Cabaret, est resté paralysé après avoir été sauvagement attaqué à l’extérieur du bar. Un an plus tard, un autre client a dû lutter pour sa vie après une agression à l’extérieur du club. Les plaintes se sont multipliées, mais ce sont des dégâts importants au toit, plutôt que la clientèle agressive, qui ont finalement provoqué la fermeture de la boîte de nuit. La démolition était imminente jusqu’à ce que l’ancien cinéma soit sauvé par l’avocat et promoteur immobilier Jamie MacGillivray. C’est grâce à lui que la transformation du bâtiment a commencé.

En 1946, Viola Desmond a pris position contre la ségrégation raciale au cinéma Roseland de New Glasgow, en Nouvelle-Écosse.
(Photo : avec la permission de MacGillivray Law)

  • Au cours de la rénovation du bâtiment, MacGillivray a vu l’occasion de rendre hommage à Desmond. Au début de 2018, il a annoncé la tenue d’un concours artistique sur le thème de Viola Desmond. L’œuvre des gagnants serait affichée sur le mur extérieur sud du bâtiment. 

    MacGillivray admet que le but premier du concours était de faire de la promotion. Des inquiétudes ont rapidement été soulevées quant au manque de consultation auprès de la communauté noire. Henderson Paris, militant local des droits civiques et ancien conseiller municipal de New Glasgow, s’est manifesté. Paris était présent lors de l’inauguration de Viola's Way en 2018, un tronçon de route adjacent au cinéma qui a été renommé en l’honneur de l’icône des droits civiques. Il souhaitait vivement que Desmond soit commémoré davantage et a donc créé le Comité commémoratif Viola pour superviser le projet artistique.

    « Nous avons été époustouflés, dit Paris. Nous avons reçu plus de 500 propositions. Nous avons donc décidé que Viola devait couvrir le mur entier. »

Le Comité commémoratif Viola, présidé par Paris Henderson, a été formé pour sélectionner les œuvres gagnantes. (Photo : avec la permission de MacGillivray Law)

Le comité s’est donné comme date limite février 2019, Mois du patrimoine africain en Nouvelle-Écosse. Seize tableaux représentant divers moments de l’histoire de Desmond ont été retenus.

« Les tableaux sont merveilleux, le mur de Viola est incroyable, déclare Paris. Avant, le mur était une horreur, on ne le regardait même pas. Maintenant, on l’admire. »

Après le dévoilement des tableaux, Paris a accueilli des élèves de l’école locale New Glasgow Academy venus visiter le bâtiment. L’école n’en était pas à sa première visite pour rendre hommage à Desmond. En 2016, le jour de l’anniversaire de Martin Luther King, les élèves et le personnel ont marché jusqu’au bâtiment en l’honneur de la contribution de Viola au mouvement des droits civiques. 

Pour Paris, 75 ans après le combat de Viola Desmond, la rue renommée, l’art public et les initiatives éducatives témoignent tous de la présence continue de Desmond dans la communauté. Aujourd’hui, le bâtiment s’est transformé — de ce qu’il appelle « un lieu sombre » — en « un lieu d’art, un lieu de beauté et une œuvre éducative ».

« Il nous rappelle où nous étions, où nous sommes et où nous espérons aller », déclare Paris.