• Wayne Pollard, un professeur de géographie à l’Université McGill, est au bord de la source très saline de Lost Hammer Spring, sur l’île Axel Heiberg au Nunavut. (Photo: Dale Andersen)

On convient généralement que si le mercure baisse suffisamment, l’eau gèle. Mais dans le nord du Nunavut, la nature n’observe pas cette convention. Wayne Pollard, professeur de géographie à l’Université McGill (Montréal), étudie les sources d’eau froide de l’Île Axel Heiberg (Nunavut) où l’eau coule dans le sol gelé et s’accumule dans des bassins qui normalement ne renferment que de la glace.

Les sources ne gèlent jamais, car leur grande salinité abaisse considérablement le point de congélation. Selon Pollard, leur minéralogie singulière pourrait nous aider à élucider un mystère martien : y a-t-il de l’eau sur la planète rouge?

Affichant une température annuelle moyenne d’environ -50 C et des températures extrêmes pouvant atteindre -153 C, Mars est une planète froide. Toutefois, certains résultats suggèrent que Mars était jadis plus chaude et plus humide — un peu comme les régions polaires de la Terre aujourd’hui. Dans la dernière année, le rover Curiosity de la NASA a confirmé certaines hypothèses scientifiques, comme la présence de gypse, un vestige minéral de l’assèchement d’un plan d’eau — peut-être un ancien océan.

Basé à la McGill Arctic Research Station (abrégée avec à-propos MARS), Pollard explore l’hiver arctique pendant des jours pour recueillir des données à des températures qui font geler une tente de nylon jusqu’au point de rupture.

Grâce à des données plus spécifiques (comme celles sur le gypse), Pollard peut explorer plus à fond le fonctionnement des sources et examiner de possibles similarités avec les conditions martiennes. Par exemple, les sources hébergent certains microorganismes appelés extrêmophiles et des études complémentaires pourraient fournir des indices sur la présence de vie (passée, en dormance ou actuelle) sur Mars.

Toutefois, comme dans le cas de l’activité souterraine de ces sources nordiques, il demeure encore beaucoup de mystères. Les recherches de Pollard sont là pour lever le voile.

Voici le plus récent billet d’un blogue sur les questions polaires et la recherche connexe présenté par Canadian Geographic en partenariat avec la Commission canadienne des affaires polaires. Le Blogue polaire sera affiché en ligne toutes les deux semaines et certains billets seront publiés dans de prochains numéros du magazine. Pour de plus amples renseignements sur la CCAP, veuillez visiter polarcom.gc.ca.