Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
Les pygargues à tête blanche disposent d'une vaste aire de répartition en Amérique du Nord.

Le saviez-vous ?

Le pygargue à tête blanche utilise le même nid toute sa vie; chaque année, il lui ajoute des brindilles et des branches. De toutes les espèces d’oiseaux d’Amérique du Nord, c’est lui qui a le plus gros nid. Le plus gros jamais vu avait trois mètres de diamètre et six mètres de haut.

Nom scientifique : Haliaeetus leucocephalus
Poids moyen : 2,7 kg à 4 kg (mâle)
4,5 kg à 6,8 kg (femelle)
Hauteur moyenne : 76 cm à 86 cm (mâle)
89 cm à 94 cm (femelle)
Envergure moyenne : 200 à 225 cm
Longévité moyenne : 25 à 40 ans
Pygargue à tête blanche en vol qui tient un poisson dans ses serres.

Sujet

Biologie

Cet oiseau doit son nom au fait qu’à l’âge adulte, sa tête blanche (tout comme sa queue) contraste avec le reste de son corps, de couleur sombre. Mâle et femelle arborent le même plumage. Le pygargue n’acquiert sa livrée caractéristique qu’après quatre à six ans; avant cela, on peut le confondre avec d’autres espèces, comme le balbuzard pêcheur, un autre gros rapace piscivore.

Le pygargue à tête blanche, le plus gros oiseau de proie au Canada, est un chasseur et un charognard. Il est doté d’un puissant bec jaune et de grandes serres, et ses pieds sont équipés de petites protubérances pointues appelées spicules qui lui permettent de bien agripper ses proies, en particulier les poissons, qui ont la peau glissante. Grâce à son envergure pouvant dépasser deux mètres, il peut pratiquer le vol plané haut dans les airs pour chercher sa nourriture. Le pygargue possède aussi une vue extrêmement perçante; il peut voir quatre à sept fois plus loin que l’être humain.

Habitat et comportement

Le premier mot de son nom scientifique, Haliaeetus, qui désigne le genre auquel il appartient, signifie « aigle des mers ». Il est bien choisi, car cet oiseau niche habituellement dans un arbre près d’un cours d’eau, d’un lac ou de la mer. Le fait de vivre près de l’eau lui donne un accès facile aux poissons, ses proies préférées. Néanmoins, lorsque le poisson se fait rare, le pygargue peut manger à peu près n’importe quoi, dont des canards et des oies, des animaux tués par des véhicules à moteur et même de petits cerfs.

À l’époque de la reproduction, les parents ne doivent pas trop s’éloigner du nid pour prélever la nourriture. Ils recherchent alors du poisson ou d’autres petites proies faciles à transporter, de petits rongeurs par exemple. En hiver, le pygargue délaisse la chasse pour devenir essentiellement charognard. En ce temps de l’année, ce sont des animaux blessés, malades ou sur le point de mourir à la suite d’une rencontre avec un autre animal ou avec un chasseur. Pour ce qui est du poisson, il se nourrit habituellement de carcasses échouées sur la rive ou rejetées par des turbines de centrales hydroélectriques. Il arrive souvent au pygargue de subtiliser des proies à d’autres oiseaux, mais ce comportement est vraisemblablement plus répandu chez les jeunes que chez les adultes.

Il semble que les couples de pygargues à tête blanche sont unis pour la vie. Pendant les parades nuptiales, mâle et femelle exécutent des « danses » haut dans les airs : ils s’accrochent par les serres, se lancent des appels et s’engagent dans une série d’acrobaties, comme des tonneaux, des montées et des descentes en flèche de même que des poursuites. L’accouplement a lieu sur une branche ou dans le nid. En général, la femelle pond deux œufs. Quand la nourriture se fait rare, environ la moitié des jeunes sont tués par d’autres jeunes plus gros pendant la première année.

Aire de répartition

Le pygargue à tête blanche est une des deux seules espèces d’aigles d’Amérique du Nord, l’autre étant l’aigle royal. Son aire couvre principalement ce continent.

Au Canada, l’espèce est présente surtout sur la côte ouest, en Colombie-Britannique, mais on la trouve également dans les Prairies et dans le nord-ouest de l’Ontario, et on a observé de petits groupes dans l’île du Cap‑Breton et sur la côte de Terre-Neuve. L’aire du pygargue à tête blanche s’étend jusqu’en Alaska, sur plus de la moitié des États‑Unis et jusque dans certaines parties du Mexique. Cet oiseau est particulièrement abondant dans le territoire compris entre la Floride et la Californie.

Il n’existe pas de prédateurs naturels de l’espèce, qui occupe le sommet de sa chaîne trophique, d’autant plus que l’oiseau niche haut dans les arbres, où les loups, les carcajous et les ours ne peuvent l’atteindre. Pourtant, la chasse et l’intoxication par les poissons ayant absorbé du DDT ont déjà presque décimé l’espèce dans l’est du continent. Toutefois, l’aire de répartition du pygargue s’agrandit et son avenir s’améliore depuis que l’on a interdit l’usage du DDT pour l’agriculture au Canada, en 1970, et qu’on a pris des mesures pour protéger son habitat.