Urbanisation
Un pays de plus en plus urbain
Le sud du Canada, plus précisément le territoire situé à moins de 200 kilomètres de la frontière canado-américaine, où vit 90 p. 100 de la population, présente la plus forte demande d'eau douce. Dans cette région, non seulement la croissance rapide de la population augmente l'écart entre les ressources en eau douce et la demande, mais le développement urbain qui accompagne cette croissance perturbe encore davantage les bassins versants et entraîne une dégradation des ressources en eau. L'urbanisation a également une incidence sur le cycle hydrologique local et peut réduire l'alimentation des nappes souterraines en raison de l'imperméabilité des surfaces urbaines.
Environ huit Canadiens sur dix vivent dans une ville, et près des deux tiers des Canadiens vivent dans un bassin versant fortement ou très fortement urbain. Entre 1971 et 2001, la population urbaine du Canada a augmenté de huit millions de personnes, et le territoire urbain s'est agrandi de plus de 15 000 kilomètres carrés. Les sols revêtus de matériaux imperméables comme l'asphalte ou le béton modifient l'hydrologie du milieu et contribuent à d'autres problèmes, tels que l'écoulement des eaux pluviales qui polluent les ressources en eau douce et dégradent les habitats aquatiques.
Population urbaine, bassins urbains
La population urbaine et les pratiques d'utilisation des terres urbaines du Canada exercent des pressions énormes sur les bassins versants. En 2001, près de dix millions de Canadiens vivaient dans six bassins versants très fortement urbains dont la superficie totale représentait seulement 2,9 p. 100 de la superficie terrestre du Canada. En Ontario, plus de six millions de personnes occupent un seul bassin versant.
Entre 1981 et 2001, le nombre de personnes vivant dans des bassins versants très fortement urbains a augmenté de 45 p. 100. Autant les villes consomment plus d'eau douce, autant elles rejettent également plus d'eaux usées. Les effluents municipaux, terme employé pour désigner tout ce que nous jetons à l'égout, constituent les plus importants effluents rejetés dans les eaux canadiennes.
Plus une ville est peuplée, plus sont fortes les pressions exercées sur l'infrastructure des services d'eau, qui inclut l'approvisionnement en eau, le drainage, l'évacuation des eaux usées et leur traitement. Les rejets accrus d'eaux usées nuisent aux habitats et aux populations aquatiques et causent la fermeture de plages.
Pluie + surfaces urbaines = eaux pluviales polluées
Le ruissellement des eaux pluviales représente un autre problème important dans les zones urbaines. Lorsque l'eau de pluie tombe sur les surfaces urbaines, telles que les toitures, les chaussées et les pelouses, elle se charge de polluants. Toutes sortes de substances – métaux lourds, BPC, huile moteur, phosphore des engrais pour pelouses et jardins – sont entraînées dans l'eau de ruissellement. Par la suite, les eaux pluviales non traitées se déversent dans les plans d'eau les plus proches. Comme elles acquièrent beaucoup de vitesse dans les égouts, elles peuvent en outre détruire l'habitat aquatique dans les cours d'eau où elles se déversent.
Bassins versants liés à ce thème
Voici un échantillon des 254 affectés:










