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Guide d'action pour la protection des bassins versants

Par Anne Casselman

Quand on pense au Canada, on voit de l'eau. Beaucoup d'eau. Notre territoire renferme plus de deux millions de lacs et le cinquième des réserves mondiales d'eau douce; comme si, en se retirant, les glaciers nous avaient laissé un paysage troué, conçu exprès pour retenir le précieux liquide. Il faut cependant oublier tout cela pour ne retenir qu'un chiffre : 6,5 %. C'est là la proportion des réserves d'eau douce renouvelables dont nous disposons — ce qui se révèle relativement peu, compte tenu de la superficie du Canada. Dans le sud du pays, cette proportion n'atteint que 2,6 %. La moindre augmentation de consommation pourrait nous obliger à puiser dans notre capital en mettant à sec nos zones aquifères et nos lacs, au lieu de vivre dans une optique de durabilité en nous contentant de la quantité d'eau que les précipitations nous apportent chaque année. La célèbre richesse hydrique du Canada ne serait-elle qu'un mythe? Malheureusement oui. Voilà pourquoi il est crucial de protéger nos cours d'eau et de les gérer adéquatement. Dans un contexte de changements climatiques, de crise mondiale de l'eau, d'urbanisation et de hausse de la demande d'énergie, nos ressources hydriques prennent une valeur incommensurable, mais surtout, nous lancent un grand cri d'alarme.

1. PLONGER DANS LE BAIN (ET LA BOUE)

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« Je suivais le ruisseau en comptant les cadavres, se rappelle Paul Cipywnyk, président des Byrne Creek Streamkeepers de Burnaby (Colombie-Britannique). Quelques jours avant, l'eau fourmillait de jolis petits poissons et tout à coup, ils étaient morts. » En mars 2010, une mortalité massive décimait la population d'alevins de saumon coho du ruisseau Byrne, un des rares cours d'eau de Burnaby où fraye encore le saumon. Tout cela parce que quelqu'un avait déversé un polluant dans un collecteur d'eaux pluviales. «Nous aimons plaisanter avec les gens de la place en leur disant qu'au fond, ils habitent tous en bordure de l'eau, puisque les rues se drainent dans le ruisseau », raconte-t-il. Blague à part, la meilleure façon de se rendre compte de la situation est de laisser son sofa pour se rendre dans le lit du ruisseau. « Il faut sortir pour comprendre comment fonctionne notre bassin
versant ».

Paul Cipywnyk est devenu environnementaliste « par accident », selon ses propres termes. À leur arrivée à Burnaby, il y a 10 ans, lui et son épouse ignoraient totalement qu'un ruisseau coulait à 25 mètres de leur maison. « Cet automne-là, nous avons vu un saumon frayer pour la première fois, et nous avons été séduits », se souvient-il. Avant la fin de l'année, il s'était joint aux Streamkeepers. Selon lui, « le partage du dur labeur fait naître un esprit de camaraderie. Quand on unit nos efforts, l'intérêt de la tâche s'amplifie. Il ne s'agit plus d'un ruisseau, mais de notre ruisseau, de mon ruisseau. »
« C'est en retournant des bûches et en ramassant les déchets qui polluent les ruisseaux qu'on commence à comprendre la situation », ajoute John Werring, spécialiste des habitats aquati - ques à la Fondation David Suzuki de Vancouver. Des 779 ruisseaux que comptait la vallée du Fraser, 117 ont complètement disparu et, parmi ceux qui restent, beaucoup souffrent de la pollution et de la dégradation de leurs habitats. Loin d'être un phénomène exceptionnel, ces pertes touchent toutes les regions du pays. «Nous avons besoin de plus de monde, déclare John Werring. C'est absolument crucial. »

BOÎTE À OUTILS

Si vous avez envie de plonger à votre tour pour préserver votre bassin versant, commencez par répertorier les groupes de conservation qui s'occupent de protéger le ruisseau, le lac, la tourbière ou la rivière la plus proche de chez vous. Pour ce faire, la carte interactive de Canadian Geographic (www.canadian geographic.ca/bassins-versants) est un excellent point de départ. À partir de là, il n'en tient qu'à vous de vous inscrire et de parti - ciper. Chez les Byrne Streamkeepers, par exemple, les members font tour à tour office de sentinelle de la pollution, de biologiste sur le terrain et de lobbyiste pour leur ruisseau. Venus de tous les horizons, ils ont en commun la détermination et, autant que possible, la volonté de se salir un peu. Près de la moitié des heures de bénévolat enregistrées par les Streamkeepers sont consacrées à des activités « dans le ruisseau » : recenser la biodiversité des insectes, surveiller les pièges à poisson ou enlever les espèces envahissantes. Il suffit d'investir dans une bonne paire de bottes et les résultats ne tarderont pas à se manifester. Comme le dit John Werring, « les gens les plus exposés à la nature sont beaucoup plus heureux que les autres. Ils savent reconnaître leur environnement et créer des liens avec lui. »

2. BONJOUR À TOUS! JE ME PRÉSENTE : VOTRE BASSIN VERSANT

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Sur la rive d'un étang de castors qui se déverse dans un affluent de la rivière Saint Jean, au Nouveau-Brunswick, se trouve une boîte à munitions étanche renfermant un dépliant sur le bassin versant rédigé par des élèves, trois baleines de caoutchouc et quelques autocollants à l'effigie de poissons. Il s'agit de l'une des quatre géocaches dissimulées par la classe de plein air de l'école secondaire Saint John, dans le cadre du projet national Géocache ton bassin versant, mis sur pied par Environnement Canada (www.ec.gc.ca/geocache). « Les enfants et les jeunes ont tellement peu d'occasions de goûter au plein air, estime William Mahaffy, l'enseignant qui donne ce cours. Ce projet donne un caractère concret à ce qu'ils apprennent. » Une des géocaches de ses élèves se trouve près d'un nid de balbuzards pêcheurs. D'une autre, les élèves peuvent apercevoir un castor s'ils restent calmes. William Mahaffy a découvert qu'il suffit souvent d'emmener les élèves en plein air pour faire naître des valeurs de conservation dans leur esprit : « Ils considèrent volontiers comme important tout ce qui fait partie de leur expérience de vie. »
« Tout à fait d'accord », déclare Michael Léveillé, professeur de sciences à l'Académie St Laurent, une école primaire d'Ottawa. Il y a huit ans, il a adopté le marais Macoun, une zone humide urbaine blottie à côté d'un cimetière, et en a fait sa salle de classe extérieure. Depuis, ses élèves ont identifié 1 307 espèces dans le marais, et ce nombre ne cesse d'augmenter. Ce faisant, ils sont devenus les intendants et les ambassadeurs du marais, determines à promouvoir ce refuge de la biodiversité et à le defender contre les menaces de tout genre, des plus bénignes (les détritus) aux plus dangereuses (le développement urbain). «Dans un monde bidimensionnel, une expérience tridimensionnelle comme celle-ci change leur vie », affirme Michael Léveillé.

BOÎTE À OUTILS

Les classes de plein air ont ceci de bien qu'on en trouve maintenant partout. Les étudiants des collèges et des universités de l'Ontario peuvent contribuer à la lutte contre les espèces envahissantes en participant à des programmes scolaires estivaux et en s'attaquant à des envahisseurs aquatiques tels que la moule zébrée (www.invadingspecies.com). Vous pouvez aussi vous attendre à voir vos petits se transformer en guerriers aquatiques en herbe après avoir assisté au Festival aquatique pour enfants de Haliburton-Muskoka (Haliburton-Muskoka Children's Water Festival, www.hmwaterfestival.ca), qui se tient chaque année à la fin septembre à Minden (Ontario). De plus, partout au pays, Parcs Canada offre des cours qui s'inscrivent dans les programmes scolaires provinciaux, notamment au Marmot Learning Centre de Jasper (Alberta), le seul centre d'apprentissage du Canada qui soit accessible en ski et qui donne des cours gratuitement à même la montagne. Enfin, les plans de cours de la Société géographique royale du Canada (www. canadiangeographic.ca/bassins-versants) donnent des conseils sur la façon de faire voir du bleu aux enfants de tout le pays.

3. LA PLUME AUSSI PUISSANTE QUE LA PAGAIE

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Les ruisseaux murmurent, l'eau des lacs clapote, mais au fond, qui les entend dans nos tribunaux, dans nos textes de loi, dans notre Parlement, là où leur voix compte vraiment? « D'un côté, nous vénérons notre eau; elle fait partie de notre mythologie, de notre histoire, de notre musique », concède Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens et l'une des principales cham - pionnes de la protection de l'eau au pays. Pourtant, selon elle, nous négligeons cette ressource « et ce comportement schizophrénique est problématique, puisque notre presume attachement envers l'eau ne se traduit pas par des lois adéquates ». Il suffit de penser à la Loi sur les ressources en eau du Canada, vieille de 40 ans, ou à la faille de la Loi fédérale sur les pêches, qui permet aux sociétés minières d'utiliser des lacs immaculés comme bassins de résidus. Maude Barlow n'hésite pas à nous jeter le gant : « Je lance un défi aux Canadiens : si vous aimez réellement les eaux du Canada, vous devez travailler à les protéger. » Il n'est pas nécessaire de se faire activiste pur et dur pour susciter des changements profonds. « L'idée n'est pas de se pendre au mur d'un bâtiment avec une pancarte pour se faire entendre, précise John Bennett, directeur exécutif de Sierra Club Canada. Il y a des façons beaucoup plus simples de communiquer. » Téléphonez à votre député ou à votre conseiller municipal. Écrivez leur. Faites preuve de votre engagement personnel à votre façon. « Le monde n'est plus comme il l'était dans les années 1970, quand j'ai terminé l'école secondaire, signale John Bennett. Les villes industrielles d'Amérique du Nord ne sont plus recouvertes d'une grisaille permanente et beaucoup de rivières sont reve nues à la vie. Et ce sont les environnementalistes qui ont exigé que les choses changent. » Nos rivières continuent effectivement de rugir, mais il n'en tient qu'à nous de transmettre leur cri aux décideurs qui tiennent leur devenir entre leurs mains.

BOÎTE À OUTILS

Même si les bassins versants s'inscrivent difficilement à l'intérieur des frontiers politiques, la responsabilité envers les ressources hydriques incombe souvent aux autorités locales ou municipales, un palier où les citoyens peuvent exercer beaucoup de pression. «Dans bien des cas, le problème que vous soumettez touche également la personne que vous essayez d'influencer, de même que vos voisins, signale John Bennett. Les possibilités de changement sont immenses. » Il suggère aux enseignants de demander à leurs élèves d'élaborer des règlements municipaux, qu'ils présenteront à un conseiller de leur ville. «Même les conseillers les plus occupés ne voudront pas rater l'occasion de s'intégrer à une classe du secondaire quelques heures par année. » N'oublions pas non plus le pouvoir de chaque propriétaire terrien, surtout ceux dont le terrain se trouve en bordure d'un lac. Dans ce cas, il faut veiller à ce que l'association de protection du lac ou le regroupement de propriétaires fasse pression pour favoriser les pratiques écologiques sur le lac et le littoral. En Ontario, les propriétaires de chalet peuvent s'adresser aux conseillers du Shoreline Advisor Program (programme de conseillers en littoral) de la Lakeland Alliance (www.lakeland.greenup.on.ca).

4. UNE CULTURE FONDÉE SUR L'EAU

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Nous sommes un peuple qui adore l'eau et qui le montre de bien des façons. « Les Canadiens aiment leur eau pour jouer, pagayer, plonger, patiner, pêcher et boire, affirme Mark Mattson, president de Lake Ontario Waterkeeper. L'eau joue un rôle de premier plan dans le travail, les loisirs et l'environnement géographique de la plupart d'entre nous, ce qui explique la place de choix qu'elle occupe dans nos oeuvres musicales, visuelles et littéraires. » Le Groupe des Sept en est un parfait exemple : les icebergs de Lawren Harris et les ciels dégradés de Franklin Carmichael se reflètent dans l'eau calme des lacs. L'eau du Canada, sous toutes ses formes, leur a servi de muse à tous. Aujourd'hui, les médias ont changé, mais le message demeure le même. On pense, par exemple, à SwimDrinkFishMusic.com, un club de musique en ligne dont les abonnés ont accès à des pièces musicales fournies gratuitement par des artistes canadiens, comme Gord Downie du groupe Tragically Hip, ou les Great Lake Swimmers. Le club, don't le nom fait allusion aux panneaux de danger (defense de se baigner, de boire et de pêcher) qui jalonnent le littoral de Toronto, a plus que doublé le nombre de ses abonnés depuis l'an dernier.
«Cette collaboration entre défenseurs de l'environnement et artistes s'est révélée incroyablement profitable pour tous, déclare Mark Mattson. Le site arrive à sensibiliser une nouvelle génération. » Tandis que l'eau anime le monde des arts, sa défense se trouve de plus en plus à l'avant-scène. « L'eau a certainement une signification particulière aux yeux des Canadiens », selon Julian Kingston, directeur de projet pour L'eau : une exposition, présentée au Musée royal de l'Ontario jusqu'au 5 septembre. Il souligne que cet événement est l'occasion pour le Musée d'adopter une position plus partisane qu'à l'habitude, en soulignant les liens étroits qui unissent notre empreinte hydrique et notre consommation d'énergie ou notre alimentation.

BOÎTE À OUTILS

Nouvellement rafraîchie, la galerie Eau Bleue RBC du Musée canadien de la nature d'Ottawa vaut le détour. Ne manquez pas non plus l'exposition itinérante Le Canada au fil des eaux, également présentée par ce musée, qu'on pourra admirer bientôt aux quatre coins du Canada (l'exposition fait escale au Centennial Museum & Archives de Peterborough, en Ontario, jusqu'en septembre). Par ailleurs, on peut voir plusieurs documentaires et participer à des événements cinématographiques sur le thème de l'eau, comme le Festival du film Waterwalker, présenté par Pagaie Canada dans la plupart des grandes villes canadiennes, et le long métrage documentaire Water on the Table, réalisé par Liz Marshall, également en tournée. Grâce à Internet, vous avez aussi accès à des productions remarquables telles que Waterlife, de l'Office national du film. À la fois documentaire et experience en ligne, Waterlife, une oeuvre commentée par Gord Downie, relate l'histoire de la dernière grande reserve d'eau douce du monde : les Grands Lacs (waterlife.nfb.ca).

5. COMMENT UN SIMPLE CITOYEN PEUT PROTÉGER LES RESSOURCES HYDRIQUES

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« C'est en regardant un fusil à eau Super Soaker que m'est venue l'idée : on pourrait peut-être mettre un genre de citerne pluviale sous pression! », relate Samuel Melamed, un ingénieur en mécanique. Le concept de citerne pluviale lui a valu le prix James Dyson en 2010, alors qu'il étudiait à l'Université de Toronto. Dans la pratique, l'idée a conduit à l'invention de la citerne qu'il a nommée Saguaro, capable d'alimenter votre tuyau d'arrosage avec une pression digne de ce nom. Selon une étude, la collecte de l'eau de pluie peut aider à réduire notre consommation d'eau domestique de 47 %. Samuel Melamed travaille en partenariat avec Algreen Products en vue de commercialiser la Saguaro. Selon lui, « il faut repenser presque tout en fonction des limites de nos ressources énergétiques et hydriques ». Les changements s'imposent sur tous les plans, que ce soit proscrire l'habitude de laisser couler l'eau pendant qu'on se brosse les dents, ou installer des toilettes et des pommes de douche à débit d'eau restreint. « Les changements devront être à la fois comportementaux et technologiques », affirme-t-il. En Amérique du Nord, 60 % de l'eau consommée dans les ménages sert à des utilisations extérieures, comme le lavage des voitures. Mais de plus en plus de gens se rendent compte qu'« ils n'ont pas besoin d'eau potable pour cela », signale
Samuel Melamed. L'eau de pluie, gratuite et rela tivement propre, convient parfaitement. Mais dès qu'elle touche le sol, elle se charge de métaux, d'huile à moteur et de pesticides, les polluants de nos villes. Les eaux d'orage non traitées s'écoulent dans les ruisseaux et les rivi ères, où la pollution et l'érosion des berges endommagent l'habitat essentiel des espèces aquatiques. C'est pourquoi la gestion de ces eaux constitue l'une des princi - pales préoccupations dans ce secteur en Amérique du Nord. « Plus nous ajoutons de revêtements durs, plus nous favorisons le ruissellement des eaux d'orage », signale Michael D'Andrea, directeur de la gestion de l'infrastructure hydraulique de Toronto Water. Étant donné que huit Canadiens sur dix vivent en milieu urbain, il faut blâmer avant tout notre mode de vie. Si votre toit est muni de tuyaux de descente, une solution simple s'impose : installez une citerne pluviale. Par ailleurs, pour aménager votre terrain, choisissez des revêtements poreux au lieu du béton et laissez tomber les engrais et pesticides. Comme le dit Michael D'Andrea, « plus les habitants d'un bassin versant changent leurs habitudes quotidiennes, meilleure est la santé du bassin ».

BOÎTE À OUTILS

Imaginez : il faut 200 litres d'eau pour produire le latte grand format que vous emportez dans une tasse jetable en vous rendant au bureau. Le coût des objets en « eau virtuelle », soit la quantité d'eau qui entre dans les différentes étapes de production, est invisible. Il n'en reste pas moins qu'on peut limiter notre empreinte hydrique en suivant les règles d'un mode de vie et de consom - mation durable : acheter localement, acheter moins, acheter pour la durée. L'Association pour la santé environnementale de la Nouvelle-Écosse a publié le Guide to Less Toxic Products (www.lesstoxicguide.ca), qui donne la liste des produits domes - ti ques les moins dommageables pour l'environnement. Le guide propose des solutions maison et moins toxiques. Le vinaigre, le bicarbonate de soude et le borax, par exemple, peuvent remplacer la plupart des nettoyants domestiques vendus dans le commerce. Les amateurs de jardinage peuvent bleuir leur pouce vert en boycottant tous les produits dont le nom se termine par « cide » et en plantant des espèces endémiques qui resistant mieux aux rigueurs de notre climat. Les habitants des regions rurales de l'Alberta ont tout avantage à communiquer avec l'Alberta Riparian Habitat Management Society, communément appelée Cows and Fish (www.cowsandfish.org), qui aide les grands éleveurs et les exploitants agricoles à restaurer leurs corridors riverains.

L'eau en chiffres

  • Moyenne de la consommation d'eau quotidienne des ménages du Canada, en litres : 343
  • Consommation d'eau douce quotidienne recommandée par Santé Canada, en litres : 60 à 80
  • Consommation d'eau quotidienne minimale requise pour survivre, en litres : 5
  • Rang mondial des Canadiens en ce qui concerne la consommation d'eau par habitant : 2e
  • Pourcentage de Canadiens qui font des efforts raisonnablement sérieux pour économiser l'eau  : 78
  • Pourcentage des Canadiens qui admettent laisser couler l'eau en lavant la vaisselle : 44
  • Pourcentage des Canadiens qui admettent nettoyer leur voie d'accès pour autos à l'eau courante : 19
  • Pourcentage des zones humides mondiales qui se trouvent au Canada : 25
  • Nombre estimatif de lacs au Canada : 2 000 000
  • Pourcentage approximatif du Canada continental recouvert de lacs : 8
  • Pourcentage de Canadiens qui n'ont « aucune idée » de la provenance de leur eau potable : 25
  • Pourcentage qui estime que l'eau douce est la ressource naturelle la plus importante du Canada : 49
  • Pourcentage qui s'inquiète de la qualité de l'eau des lacs où ils se baignent : 83
  • Pourcentage qui estime que la qualité de l'eau des lacs où ils se baignent diminue : 68
  • Nombre de grands barrages dans les cours d'eau du Canada : 849
  • Pourcentage de l'hydroélectricité dans la production énergétique du Canada : 59
  • Nombre de Canadiens qui habitent dans un bassin versant où les humains utilisent au moins 10 % du débit des cours d'eau : 22 000 000
  • Pourcentage de l'eau douce utilisée par les industries manufacturières : 19
  • Quantité d'eau requise, en litres, pour fabriquer une automobile : 250 000
  • Quantité d'eau requise, en litres, pour fabriquer un ordinateur : 33 000

Une application avec ça?

Au 21e siècle, le meilleur allié de votre bassin versant pourrait bien être votre téléphone intelligent. Il peut vous servir non seulement à composer un numéro d'urgence pour rapporter une infraction environnementale, mais aussi à visualiser votre empreinte hydrique. À cette fin, vous avez le choix entre l'application Virtual Water Project pour iPhone (1,99 $) et le calculateur d'empreinte Water Footprint Calculator (gratuit). Quant à l'application Creek Watch d'IBM (gratuite), elle vous aide à verifier concrètement la qualité de l'eau de votre ruisseau préféré. À l'ordinateur, vous disposez d'une abondance de ressources, comme le guide Utilisation judicieuse de l'eau d'Environnement Canada, qui vous montre comment réduire la consommation d'eau de votre ménage. Sans oublier, bien sûr, la carte interactive de Canadian Geographic (www.canadiangeographic.ca/watersheds). La prochaine fois que vous irez à la plage, avant d'attraper votre serviette et votre crème solaire, n'oubliez pas de télécharger le Swim Guide pour iPhone de Lake Ontario Waterkeeper. Cette toute nouvelle application vous donne l'heure juste sur l'ouverture des plages à la baignade, telle qu'autorisée par les inspecteurs hygiénistes. « Les renseignements et le contenu accessibles au bout du doigt s'apprêtent à transformer radicalement les relations entre l'eau et les collectivités, en permettant à la population de trouver sans aucun délai ni difficulté une plage considérée salubre », affirme Mark Mattson, président de Lake Ontario Waterkeeper. Pour ce groupe, l'application de repérage de plages n'est que la première étape d'un plan qui le placera en tête des efforts de sensibilisation aux bassins versants, grâce à l'application-guide Swim Drink Fish, pour iPhone, qui couvrira toute l'Amérique du Nord.

10 façons d'aimer votre bassin versant

1. Devenez un expert

Choisissez un sujet portant sur l'eau et plongez-y! Politique des eaux nationales? Déversoirs d'égouts mixtes? Plus de 1 500 avis d'ébullition de l'eau en vigueur dans tout le Canada? Renseignez-vous sur votre bassin versant en consultant la Thématique de la sensibilisation aux bassins hydrographiques sur L'Atlas canadien en ligne.

2. Munissez-vous d'une pagaie

Sautez dans un canot et pagayez sur deux ou trois rivières de votre basin versant. Visitez leur cours supérieur. Bravez leurs rapides. Chaussez vos cuissardes et donnez-vous-en à coeur joie. Plus vous voyez et expérimentez directement, mieux vous comprendrez l'interconnectivité de votre bassin versant.

3. Mettez-vous à la tâche

Retroussez vos manches et chausses vos bottes. Faites profiter un groupe de protection des rivières de votre cerveau et de vos muscles et aidez au nettoyage des rivières, aux efforts de restauration des rives, à l'engagement du public, au dénombrement des espèces ou à la surveillance des ruisseaux.

4. Obstruez votre vue sur le lac

Le Canada compte environ deux millions de lacs, ce qui représente beaucoup de terrains occupés par des chalets. Les littoraux les moins abîmés ont beaucoup de vegetation afin de limiter le ruissellement et la pollution. Le message : plantez une zone tampon de végétation sauvage pouvant atteindre trois mètres le long du littoral afin de stabiliser le sol et de réduire l'érosion. Pendant que vous y êtes, soyez un plaisancier avisé : réduisez votre sillage et installez un filtre d'eau de cale.

5. Disposez des pistes

Aimez-vous la géocachette, ce jeu de chasse au trésor à l'aide d'un GPS? Dans l'affirmative, créez une piste de géocachette aux points importants de votre bassin versant et incluez quelques renseignements sur les cours d'eau et les terres avoisinantes.

6. Plaidez la cause

Nos cours d'eau n'ont personne pour défendre leurs intérêts. C'est à vous de le faire. Joignez-vous à un groupe local de défense des intérêts de l'eau. Envoyez une lettre à vos leaders élus, au rédacteur en chef des journaux ou à des amis afin de les sensibiliser. Si votre bassin versant n'a pas d'organisation de surveillance, mettezen une sur pied à l'aide d'un site de réseautage social en ligne tel que Ning.

7. Servez-vous de votre proper approvisionnement d'eau

On peut boire sans danger la plus grande partie de l'eau de robinet au Canada. Non seulement l'eau embou - teillée est-elle redondante, mais encore elle nécessite beaucoup d'eau pour sa production (en plus de coûter cher). Il faut trois litres d'eau pour produire un litre d'eau potable en bouteille.

8. Rétablissez le cycle hydrologique

Réduisez ou éliminez l'herbicide, le pesticide et l'engrais que vous utilisez dans votre arrière-cour. Débarrassezvous de ce tapis vert assoiffé et plantez un jardin pluvial ou utilisez des plantes résistantes à la sécheresse. Utilisez des citernes pluviales pour réduire le ruissellement de l'eau d'orage.

9. Faites contribuer Fido

Si vous ne ramassez pas les « besoins » de votre chien, non seulement quelqu'un peut y mettre les pieds, mais encore les excréments de chien sont une des principales causes du dénombrement élevé d'E.coli qui cause la fermeture de nos plages et des rives de nos lacs. Vous saisissez?

10. Faites appel à l'artiste en vous

Exprimez votre admiration pour les bassins versants. Tournez une video dans votre zone humide locale et affichez-la sur YouTube. Prenez des photographies et utilisez-les pour fabriquer des cartes de souhaits. Créez un blogue et partagez quatre saisons de paysages, de sons et d'impressions provenant de votre bassin versant. Ne soyez pas timide. Nous savons que vous en êtes capable.