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Prix canadiens de l’environnement
Prix d'action communautaire 2008
Restauration et réhabilitation
• Fondation albertaine des oiseaux de proie et municipalité de Coaldale, Alberta
• Comité ZIP Jacques-Cartier
• Gerard Nellestijn
FONDATION ALBERTAINE DES OISEAUX DE PROIE ET MUNICIPALITÉ DE COALDALE, ALBERTA
Centre communautaire d’interprétation et de réhabilitation
des oiseaux de proie
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| PHOTO : FONDATION ALBERTAINE DES OISEAUX DE PROIE |
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À la fin des années 80, la gestion des eaux
de ruissellement était devenue un cauchemar pour la municipalité de
Coaldale (6 200 h.), en Alberta. Aujourd’hui, une solution à dimension écologique
protège les habitants contre les inondations saisonnières.
Source de fierté pour la population, l’Alberta
Birds of Prey Nature Centre abrite à la fois un centre d’éducation,
un centre de réhabilitation de la faune et un magnifique
habitat marécageux.
En Alberta, c’est aux municipalités
de gérer les eaux de ruissellement. « Habituellement,
on creuse une fosse et on y envoie l’eau, explique Colin Weir,
fondateur du projet. Mais je savais qu’en s’y prenant
bien, on pourrait aménager une zone de drainage multifonctionnelle
qui répondrait aux besoins municipaux tout en offrant un
milieu propice à la faune. »
Enfant, Colin Weir fréquentait
le parc national de la Pointe-Pelée et la réserve
ornithologique Jack Miner dans le sud de l’Ontario. De là découle
son intérêt pour la réhabilitation des oiseaux.
En 1982, il s’installe à Coaldale. Avec un budget dérisoire,
il cofonde avec Wendy Slaytor la Fondation albertaine des oiseaux
de proie et s’emploie à sauver des centaines d’oiseaux
blessés. « Je me suis toujours passionné pour
les rapaces, confie M. Weir. Quand j’étais jeune,
c’étaient des oiseaux méconnus, et les gens
s’en méfiaient. »
En 1988, notre sauveur
de rapaces présente au conseil municipal un projet appuyé par
un rapport d’ingénieur. Sa vision : construire une
série de bassins de retenue d’eaux pluviales sur un
terrain vague en périphérie du village. L’ouvrage
comporterait des digues surélevées et des rives sinueuses
afin de maîtriser les crues. On y aménagerait
en outre un habitat naturel et des îlots de nidification
pour attirer les oiseaux ainsi qu’un centre de réhabilitation
de la faune et une aire d’observation faunique qui servirait à la
fois de centre de découverte, de parc et d’aire de
piquenique pour les visiteurs.
Malgré son scepticisme initial,
le conseil avalise le projet, et le site – doté d’un
modeste bâtiment – ouvre ses portes en 1991. Grâce
au labeur et aux dons des citoyens ainsi qu’au soutien financier
de la province, un centre d’interprétation plus spa-
cieux est érigé sur les lieux en 2007. Aujourd’hui,
ce coin de nature à la lisière de la municipalité accueille
une faune abondante. Le centre reçoit 15 000 visiteurs et
porte secours à quelque 200 oiseaux par année. « Nos
gens sont fiers de ce qu’ils ont accompli, observe M.
Weir. Ils sont bien contents que les eaux aient cessé d’inonder
nos rues pour donner naissance à notre projet. »
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COMITÉ ZIP JACQUES-CARTIER
Regroupement pour l’assainissement du Saint-Laurent à Montréal
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| PHOTO : COMITÉ ZIP JACQUES-CARTIER |
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Il y a 18 ans, le secteur 103 du Port de Montréal est devenu
tristement célèbre en se classant au palmarès
des sites les plus contaminés dans l’Est du Canada.
Les sédiments de ce port achalandé à proximité des
quartiers historiques de la ville et vu comme la « Porte d’entrée
de l’Amérique du Nord » étaient imprégnés
d’un cocktail toxique de métaux lourds, d’huiles
minérales et de produits pétroliers.
Apparaît
alors le Comité ZIP Jacques-Cartier. En 1990, 14 zones d’intervention
prioritaire (ZIP) sont établies dans le cadre du Plan Saint-Laurent
pour un développement durable. Les comités ZIP sont
des organismes à but non lucratif créés en
1996 dans la foulée d’une évaluation environnementale
gouvernementale. Leur mandat : amener les acteurs de proximité à s’entendre
sur les mesures à prendre pour améliorer le sort de
chacune des grandes régions du fleuve, depuis le lac
Saint-François, près de la frontière Québec-Ontario,
jusqu’aux îles de la Madeleine.
« Notre plus grande
crainte, raconte Chantal Rouleau, coordonnatrice du Comité ZIP
Jacques-Cartier, était que les sédiments qui reposaient
au fond de la baie finissent par monter à la surface.
Cela aurait constitué un sérieux danger autant pour
la santé humaine que pour la santé écologique. » Formé de
responsables locaux, municipaux et industriels, le Comité ZIP
Jacques-Cartier informe l’opinion publique et élabore
des solutions. « Nous sommes dans une zone industrielle à proximité de
quartiers résidentiels, poursuit Mme Rouleau.
Il était
important que tous les acteurs concernés participent aux
pourparlers. »
Les principaux clients du secteur 103 (des
sociétés pétrochimiques et minières)
prennent eux aussi part aux efforts de restauration. De concert
avec l’Administration portuaire de Montréal, ils s’engagent
en 2001 à investir dix millions de dollars dans le dragage
du secteur. Fin 2007, un total de 52 000 m3 de
sédiments
contaminés avaient été retirés. « Il
n’a pas été facile de trouver des lieux d’enfouissement
sécuritaire, confie Mme Rouleau. À présent,
grâce aux efforts du comité, le Québec a la
technologie nécessaire pour traiter les contaminants mixtes. « Ce
qu’il y a de formidable dans cette victoire, c’est la
participation volontaire de nos partenaires industriels »,
observe Mme Rouleau.
Fort de cette réussite, le Comité est
en train de mettre place une table de concertation pour un développement
durable de la région et une cohabitation résidentielle
et industrielle harmonieuse. « On veut améliorer la
qualité de vie dans l’Est de Montréal »,
souligne Mme Rouleau.
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GERARD NELLESTIJN
Salmo Watershed Streamkeepers Society
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| PHOTO : MICHELLE FLEMING
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Sur les genoux de son père, maître charpentier d’origine
hollandaise, Gerard Nellestijn reçut des enseignements fort
utiles. Toute structure, apprit-il, doit reposer sur des fondations
solides et être bien entretenue. Ce n’est pas différent,
conclut-il, pour le monde naturel que nous habitons.
Le jeune Nellestijn
grandit à London (Ontario), près de la rivière
Thames. Comme de nombreux jeunes de sa génération,
il explorait inlassablement les grands espaces et cultivait une
passion pour la nature. Après ses études en anthropologie,
il parcourut le monde avant de se fixer dans l’Ouest
du Canada fin des années 70. Il travailla d’abord
dans l’industrie pétrolière pour ensuite se
consacrer à l’enseignement de plein air. « Je
travaillais avec des enfants à haut risque, raconte M. Nellestijn.
Pour écologiser les gens, il faut les exposer aux merveilles
de la nature. »
En 1997, il s’installa en permanence
dans son chalet bien aimé près de Salmo (C.-B.).
Il découvrit alors une communauté en transition et
des citoyens désireux de restaurer leurs cours d’eau
meurtris par l’activité forestière et minière
qui s’exerçait auparavant dans la région. Il
mit donc ses talents au service de la nouvelle Salmo Watershed Streamkeepers
Society. À titre de coordonnateur de l’organisation,
il développa ex nihilo une éthique de gérance
environnementale.
Il établit des liens avec des groupes analogues
et formula des demandes de subvention. Appliquant à sa
manière le modèle de la Pacific Streamkeepers
Federation, il parcourut les affluents de la rivière
Salmo avec un consultant en biologie. Le duo évalua les options
de restauration avec le concours de jeunes de la région,
chargés du travail de terrain. « Notre analyse du
bassin a démontré l’impact des coupes à blanc
et des parcs à résidus miniers sur les ruisseaux en
amont, souligne M. Nellestijn. Aujourd’hui, certains de nos
jeunes collaborateurs ont une maîtrise en science de l’environnement. »
Gerard
Nellestijn tire bien son épingle du jeu, car il réussit
depuis dix ans à insérer sa campagne dans le tissu
social de la collectivité locale. L’exposition RiverArt
2000 présenta des œuvres représentatives de
la région, et une campagne d’affichage et de
cartes postales sensibilisa la population aux répercussions
du développement sur l’habitat riverain. Son esprit
d’ouverture lui permet de mobiliser la population autour d’initiatives
de restauration, comme le nettoyage de deux parcs à résidus
miniers et l’élaboration d’un plan pour la pérennité des
ressources halieutiques. « Nous avons fait preuve d’originalité,
conclut M. Nellestijn. L’industrie, les pouvoirs publics et
les propriétaires fonciers se préoccupent désormais
de l’environnement. Pour faire bouger les choses, il faut
insérer l’action dans le tissu social et susciter une éthique
de gérance environnementale. »
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