Prix canadiens de l'environnement 2007
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Restauration et réhabilitation
Fondation albertaine des oiseaux de proie et municipalité de Coaldale, Alberta
Comité ZIP Jacques-Cartier
Gerard Nellestijn

FONDATION ALBERTAINE DES OISEAUX DE PROIE ET MUNICIPALITÉ DE COALDALE, ALBERTA
Centre communautaire d’interprétation et de réhabilitation des oiseaux de proie

PHOTO : FONDATION ALBERTAINE DES OISEAUX DE PROIE
 
À la fin des années 80, la gestion des eaux de ruissellement était devenue un cauchemar pour la municipalité de Coaldale (6 200 h.), en Alberta. Aujourd’hui, une solution à dimension écologique protège les habitants contre les inondations saisonnières. Source de fierté pour la population, l’Alberta Birds of Prey Nature Centre abrite à la fois un centre d’éducation, un centre de réhabilitation de la faune et un magnifique habitat marécageux.

En Alberta, c’est aux municipalités de gérer les eaux de ruissellement. « Habituellement, on creuse une fosse et on y envoie l’eau, explique Colin Weir, fondateur du projet. Mais je savais qu’en s’y prenant bien, on pourrait aménager une zone de drainage multifonctionnelle qui répondrait aux besoins municipaux tout en offrant un milieu propice à la faune. »

Enfant, Colin Weir fréquentait le parc national de la Pointe-Pelée et la réserve ornithologique Jack Miner dans le sud de l’Ontario. De là découle son intérêt pour la réhabilitation des oiseaux. En 1982, il s’installe à Coaldale. Avec un budget dérisoire, il cofonde avec Wendy Slaytor la Fondation albertaine des oiseaux de proie et s’emploie à sauver des centaines d’oiseaux blessés. « Je me suis toujours passionné pour les rapaces, confie M. Weir. Quand j’étais jeune, c’étaient des oiseaux méconnus, et les gens s’en méfiaient. »

En 1988, notre sauveur de rapaces présente au conseil municipal un projet appuyé par un rapport d’ingénieur. Sa vision : construire une série de bassins de retenue d’eaux pluviales sur un terrain vague en périphérie du village. L’ouvrage comporterait des digues surélevées et des rives sinueuses afin de maîtriser les crues. On y aménagerait en outre un habitat naturel et des îlots de nidification pour attirer les oiseaux ainsi qu’un centre de réhabilitation de la faune et une aire d’observation faunique qui servirait à la fois de centre de découverte, de parc et d’aire de piquenique pour les visiteurs.

Malgré son scepticisme initial, le conseil avalise le projet, et le site – doté d’un modeste bâtiment – ouvre ses portes en 1991. Grâce au labeur et aux dons des citoyens ainsi qu’au soutien financier de la province, un centre d’interprétation plus spa- cieux est érigé sur les lieux en 2007. Aujourd’hui, ce coin de nature à la lisière de la municipalité accueille une faune abondante. Le centre reçoit 15 000 visiteurs et porte secours à quelque 200 oiseaux par année. « Nos gens sont fiers de ce qu’ils ont accompli, observe M. Weir. Ils sont bien contents que les eaux aient cessé d’inonder nos rues pour donner naissance à notre projet. »

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COMITÉ ZIP JACQUES-CARTIER
Regroupement pour l’assainissement du Saint-Laurent à Montréal

 PHOTO : COMITÉ ZIP JACQUES-CARTIER
 
Il y a 18 ans, le secteur 103 du Port de Montréal est devenu tristement célèbre en se classant au palmarès des sites les plus contaminés dans l’Est du Canada. Les sédiments de ce port achalandé à proximité des quartiers historiques de la ville et vu comme la « Porte d’entrée de l’Amérique du Nord » étaient imprégnés d’un cocktail toxique de métaux lourds, d’huiles minérales et de produits pétroliers.

Apparaît alors le Comité ZIP Jacques-Cartier. En 1990, 14 zones d’intervention prioritaire (ZIP) sont établies dans le cadre du Plan Saint-Laurent pour un développement durable. Les comités ZIP sont des organismes à but non lucratif créés en 1996 dans la foulée d’une évaluation environnementale gouvernementale. Leur mandat : amener les acteurs de proximité à s’entendre sur les mesures à prendre pour améliorer le sort de chacune des grandes régions du fleuve, depuis le lac Saint-François, près de la frontière Québec-Ontario, jusqu’aux îles de la Madeleine.

« Notre plus grande crainte, raconte Chantal Rouleau, coordonnatrice du Comité ZIP Jacques-Cartier, était que les sédiments qui reposaient au fond de la baie finissent par monter à la surface. Cela aurait constitué un sérieux danger autant pour la santé humaine que pour la santé écologique. » Formé de responsables locaux, municipaux et industriels, le Comité ZIP Jacques-Cartier informe l’opinion publique et élabore des solutions. « Nous sommes dans une zone industrielle à proximité de quartiers résidentiels, poursuit Mme Rouleau. Il était important que tous les acteurs concernés participent aux pourparlers. »

Les principaux clients du secteur 103 (des sociétés pétrochimiques et minières) prennent eux aussi part aux efforts de restauration. De concert avec l’Administration portuaire de Montréal, ils s’engagent en 2001 à investir dix millions de dollars dans le dragage du secteur. Fin 2007, un total de 52 000 m3 de sédiments contaminés avaient été retirés. « Il n’a pas été facile de trouver des lieux d’enfouissement sécuritaire, confie Mme Rouleau. À présent, grâce aux efforts du comité, le Québec a la technologie nécessaire pour traiter les contaminants mixtes. « Ce qu’il y a de formidable dans cette victoire, c’est la participation volontaire de nos partenaires industriels », observe Mme Rouleau.

Fort de cette réussite, le Comité est en train de mettre place une table de concertation pour un développement durable de la région et une cohabitation résidentielle et industrielle harmonieuse. « On veut améliorer la qualité de vie dans l’Est de Montréal », souligne Mme Rouleau.

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GERARD NELLESTIJN
Salmo Watershed Streamkeepers Society

 PHOTO : MICHELLE FLEMING
Sur les genoux de son père, maître charpentier d’origine hollandaise, Gerard Nellestijn reçut des enseignements fort utiles. Toute structure, apprit-il, doit reposer sur des fondations solides et être bien entretenue. Ce n’est pas différent, conclut-il, pour le monde naturel que nous habitons.

Le jeune Nellestijn grandit à London (Ontario), près de la rivière Thames. Comme de nombreux jeunes de sa génération, il explorait inlassablement les grands espaces et cultivait une passion pour la nature. Après ses études en anthropologie, il parcourut le monde avant de se fixer dans l’Ouest du Canada fin des années 70. Il travailla d’abord dans l’industrie pétrolière pour ensuite se consacrer à l’enseignement de plein air. « Je travaillais avec des enfants à haut risque, raconte M. Nellestijn. Pour écologiser les gens, il faut les exposer aux merveilles de la nature. »

En 1997, il s’installa en permanence dans son chalet bien aimé près de Salmo (C.-B.). Il découvrit alors une communauté en transition et des citoyens désireux de restaurer leurs cours d’eau meurtris par l’activité forestière et minière qui s’exerçait auparavant dans la région. Il mit donc ses talents au service de la nouvelle Salmo Watershed Streamkeepers Society. À titre de coordonnateur de l’organisation, il développa ex nihilo une éthique de gérance environnementale.

Il établit des liens avec des groupes analogues et formula des demandes de subvention. Appliquant à sa manière le modèle de la Pacific Streamkeepers Federation, il parcourut les affluents de la rivière Salmo avec un consultant en biologie. Le duo évalua les options de restauration avec le concours de jeunes de la région, chargés du travail de terrain. « Notre analyse du bassin a démontré l’impact des coupes à blanc et des parcs à résidus miniers sur les ruisseaux en amont, souligne M. Nellestijn. Aujourd’hui, certains de nos jeunes collaborateurs ont une maîtrise en science de l’environnement. »

Gerard Nellestijn tire bien son épingle du jeu, car il réussit depuis dix ans à insérer sa campagne dans le tissu social de la collectivité locale. L’exposition RiverArt 2000 présenta des œuvres représentatives de la région, et une campagne d’affichage et de cartes postales sensibilisa la population aux répercussions du développement sur l’habitat riverain. Son esprit d’ouverture lui permet de mobiliser la population autour d’initiatives de restauration, comme le nettoyage de deux parcs à résidus miniers et l’élaboration d’un plan pour la pérennité des ressources halieutiques. « Nous avons fait preuve d’originalité, conclut M. Nellestijn. L’industrie, les pouvoirs publics et les propriétaires fonciers se préoccupent désormais de l’environnement. Pour faire bouger les choses, il faut insérer l’action dans le tissu social et susciter une éthique de gérance environnementale. »

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