Clive Callaway et Sarah Kipp | Roy Howard
Groupe de l'eau de la Covey Hill





Lorsque Sarah Kipp et Clive Callaway, deux professionnels en planification et en éco-conseil, ont quitté Calgary (Alberta) en 1987 pour aller s'installer au bord d'un lac de l'intérieur de la Colombie-Britannique, ils ont été frappés par la pénurie d'information pratique sur la façon de protéger les rives vierges contre les effets du développement. C'est là l'origine du projet Living by Water, une initiative populaire s'adressant aux collectivités riveraines en milieu urbain et rural partout au Canada.

Bien que le couple souhaite à long terme publier un ouvrage sur le sujet, il a décidé entre-temps de préparer et de diffuser des guides pratiques imprimés qui répondent directement aux besoins des propriétaires de maison et de chalet et des vacanciers en milieu riverain. En mettant en exergue certains faits peu connus, ces documents transposent en retombées positives bien concrètes pour les gens — sur le plan sanitaire, financier et récréatif — les arguments écologiques en faveur du respect des écosystèmes riverains. On y aborde des sujets diversifiés, dont les systèmes septiques, l'érosion, les pesticides et la construction d'ouvrages près des eaux. On y donne aussi des renseignements généraux sur l'écologie des berges et des littoraux.

Comme 15 p. 100 environ de la population canadienne vit en permanence ou de façon saisonnière près de l'eau, la philosophie d'intérêt personnel éclairé qui sous-tend le projet Living by Water s'avère profitable à tous, aussi bien à la population qu'à l'environnement. « Les rives sont un précieux milieu de vie, affirme Sarah Kipp. Notre expérience nous a appris que la majorité des gens souhaitent préserver ce milieu. Ils ont simplement besoin d'un peu d'aide. » q Cochez cette case pour retenir ces finalistes.

En émigrant de la Californie dans les années 1970, Roy Howard souhaitait tourner le dos à la frénésie urbaine pour prendre un nouveau départ dans un paysage inviolé. C'est ce qu'il a trouvé en Colombie-Britannique. Maintenant âgé de 54 ans, il craint de voir son paradis détruit par l'industrie forestière.

En 1988, en collaboration avec d'autres éco-activistes de longue date, M. Howard a mis sur pied la Fraser Headwaters Alliance pour combattre le projet gouvernemental consistant à abattre une bonne partie de la forêt qui subsiste en bordure du haut-Fraser. Selon M. Howard, l'actuel plan régional d'aménagement du territoire et des ressources bouleverserait des étendues de forêt ancienne qui « n'ont vraisemblablement subi aucune perturbation majeure depuis des milliers d'années ». En plus de mettre en péril le cours d'eau à saumon le plus productif de la planète, le plan menacerait des populations d'ombles à tête plate, de grizzlis, de caribous de montagne et de carcajous.

Actuellement, l'Alliance veut persuader le gouvernement provincial d'accepter un autre plan de gestion qui tient compte des besoins et des inquiétudes de la collectivité locale, tout en assurant la préservation de la faune, des forêts pluviales et des panoramas de la région. Parmi les récentes réussites, mentionnons la restauration de la Goat River Trail, une voie commerciale historique d'une longueur de 100 kilomètres qu'empruntaient les Premières Nations, entre la portion amont du fleuve Fraser et les lacs Bowron.

Roy Howard reconnaît le caractère pénible et épuisant du combat qu'il doit livrer à une bureaucratie déloyale, mais pour lui « c'est la seule façon de vivre ».
De l'eau, de l'eau partout, mais pas une goutte à boire. » Telle aurait pu être la complainte des promoteurs d'une usine d'embouteillage, après que leur projet eut été défait par les citoyens réunis au sein du Groupe de l'eau de la Covey Hill.

Quand les promoteurs ont commencé à analyser le potentiel hydrologique de la région vers le milieu des années 1990, certains propriétaires fonciers ont eu des problèmes avec leurs puits. En plus d'approvisionner la population en eau potable, l'aquifère régional irrigue les vergers et les cultures de petits fruits du secteur et abreuve le bétail laitier. Les membres du Groupe ont commencé à mener des recherches et à organiser des manifestations contre la construction de l'usine. Plusieurs études ont clairement montré qu'une telle usine menacerait gravement la survie de la municipalité de Franklin.

À la suite d'un blitz médiatique sur les effets nocifs qu'aurait l'extraction de quantités massives d'eau dans la région, la compagnie d'embouteillage a retiré son projet. Les membres du Groupe de l'eau de la Covey Hill avaient gagné la partie, mais la victoire n'a pas été sans coûts émotifs et financiers, en plus de perturber les relations entre les gens dans la collectivité.

Une autre compagnie d'embouteillage souhaite maintenant s'installer dans la région. Cette fois, le Groupe souhaite commander une étude hydrologique régionale portant sur les utilisations et les besoins hydrologiques actuels de la région, sur la capacité de l'aquifère et sur les répercussions socio-économiques des nouveaux prélèvements. « La bataille est ardue, déclare Lise Dolbec-Bournival, membre du Groupe, mais ma conscience sociale me pousse à continuer. L'eau, c'est notre avenir .»

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