David V. Bates | Nicole Bruinsma
Donna Mergler | Ann Marie Ross





C'est en tant que jeune médecin affecté à l'Hôpital St. Bartholomew durant le Grand Smog de Londres, en 1952, que David Bates a vécu son baptême du feu. En quelques jours, une combinaison mortelle de brouillard et de fumée de charbon coûta la vie à 4 000 personnes, et le bilan des morts s'éleva au bout du compte à 12 000.

C'est avec l'illustration graphique du lien entre la santé humaine et la qualité de l'air que M. Bates lança sa carrière de militant, qui dure depuis 50 ans et qui a su harmonieusement concilier abstraction scientifique et service social. Ayant émigré à Montréal avec sa famille en 1956, il fit œuvre de précurseur en entreprenant des recherches à l'Université McGill sur les dangers de l'ozone. Ces recherches devaient déboucher, au cours des 30 années suivantes, sur des études innovatrices qui ont transformé le domaine de la qualité de l'environnement.

Aujourd'hui âgé de 80 ans, M. Bates travaille toujours comme consultant en médecine du travail et de l'environnement, et il joue un rôle de conseiller auprès de groupes locaux, régionaux, nationaux et internationaux aux prises avec des politiques sur la qualité de l'air. La Fondation David Suzuki publiera une édition entièrement revue de son ouvrage classique de 1972 intitulé A Citizen's Guide to Air Pollution.

Partisan du travail d'équipe, M. Bates sait que les progrès de la médecine sont souvent essentiels à la réalisation d'objectifs en matière de qualité de l'environnement. Cela est particulièrement évident dans le travail qu'il accomplit au sein du Comité consultatif sur la qualité de l'air du district régional du Grand Vancouver, qui parraine des initiatives fructueuses de réduction de la pollution, comme le Programme d'inspection des automobiles.

Un jour d'hiver de 1999, Nicole Bruinsma prit la parole devant 200 de ses concitoyens, à Chelsea, au Québec. Elle se présenta comme une mère et une survivante du cancer du sein, mais aussi comme le médecin de famille de nombreuses personnes présentes. Elle n'avait pas cherché à se retrouver sous les feux de la rampe; en fait, elle n'avait jamais trop aimé être à l'avant-scène.

Mais son engagement personnel avait pris une tournure politique. Un an auparavant, à l'âge de 38 ans, Mme Bruinsma avait appris qu'elle souffrait d'un cancer du sein. Ce diagnostic, qui ne pouvait être rattaché à aucun facteur de risque connu, avait éveillé chez elle un sens de la mission : celui de trouver les causes environnementales des maladies humaines. La littérature scientifique sur les pesticides, en particulier, regorgeait d'informations alarmantes : possibilité d'effets neurologiques; absence de tests sur le caractère cancérigène des 7 000 produits réglementés au Canada; présence d'ingrédients approuvés avant les années 1950, soit longtemps avant que leurs effets ne soient connus.

Toutes ces découvertes incitèrent Mme Bruinsma, ce soir-là, à dénoncer l'usage cosmétique des pesticides, et son discours galvanisa le village de 6 000 habitants. Un an plus tard, à l'initiative du groupe Action Chelsea pour le respect de l'environnement, le conseil municipal adoptait un règlement interdisant l'usage de pesticides à des fins esthétiques.

Nicole Bruinsma est décédée en février 2002 d'une maladie métastatique, mais l'héritage qu'elle a laissé à Chelsea a été une inspiration pour des dizaines d'autres villes canadiennes. q Cochez cette case pour retenir cette finaliste.

La neurophysiologiste Donna Mergler a commencé ses recherches à propos des effets des substances chimiques sur la santé humaine il y a plus de 25 ans. En 1975, dans le cadre du programme de Service à la collectivité de l'Université du Québec à Montréal, elle a participé à des ateliers avec des mineurs de l'amiante. Ensuite, elle a analysé les effets que subissaient les personnes qui sont exposées à toute une gamme de solvants organiques au travail. Elle s'est alors aperçue que toutes souffraient de pertes de mémoire et d'un manque de concentration. Après avoir mené des études scientifiques sur les effets des solvants, Mme Mergler s'est intéressée aux effets d'une exposition au manganèse – l'ingrédient clé d'un produit appelé cyclopentadiénylmanganèsetricarbonyle, un additif qui améliore l'indice et qui est mélangé avec l'essence sans plomb au Canada depuis 1977.

Récemment, Mme Mergler a participé à des recherches sur les effets de la consommation de poisson contaminé au mercure dans les villages autochtones de la forêt boréale et côtiers et dans le village de Lac Saint-Pierre, au Québec. Ses recherches ont ouvert la voie à l'étude de la santé humaine dans le contexte de l'écosystème. « L'objectif est de considérer la santé humaine comme une composante de l'écosystème, dit-elle. Si nous comprenons les interactions entre les dimensions écologique, géophysique, sociale et économique, nous pouvons trouver des solutions. » q Cochez cette case pour retenir cette finaliste.

Cette région est parfois appelée le « Love Canal » du Canada. Pour les résidents de la rue Frederick et du secteur de Whitney Pier, à Sydney, en Nouvelle-Écosse, le fait de vivre à proximité du plus grand site d'enfouissement de déchets dangereux en Amérique du Nord est une véritable malédiction qui empoisonne leur vie. Pour Ann Marie Ross, il ne restait qu'une chose à faire : passer à l'action.

L'étang bitumineux de Sydney, qui contient 700 000 tonnes de boues toxiques, est le legs de 100 ans de production d'acier. Tout près, le site abandonné d'un ancien four à coke, qui s'étend sur 51 hectares, est la source probable de toxines aériennes telles que le benzène. En 1998, une étude a permis de détecter des niveaux dangereusement élevés d'arsenic et d'autres produits chimiques dans les pelouses, les sous-sols, un ruisseau situé à proximité et la nappe d'eau souterraine. Les habitants du secteur présentent les plus hauts taux de diabète, de colite, de maladies cardiaques et de cancer au Canada. Mme Ross et sa famille vivent à deux pâtés de maison de la rue Frederick, qui est considérée comme l'un des « points chauds ».

En juin 2001, cependant, lassée du manque de leadership des autorités et craignant pour la santé de sa fille, Mme Ross a mis sur pied, à titre de cofondatrice, un groupe de citoyens appelé The Task Force on Relocation et s'est mise à organiser une campagne de sensibilisation porte- à-porte, des réunions communautaires, des manifestations et des envois de lettres aux gouvernements pour les convaincre de déplacer les gens hors du secteur et d'achever les travaux de nettoyage commencés il y a 12 ans. q Cochez cette case pour retenir cette finaliste.
Canadian Geographic Shell Chum Radio Network Environmental Guides Toyota Panasonic Via Rail Canada West Jet Royal Canadian Mint The Bostonian Executive Suites