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Climate Change Caravan | David Coon Jean Paradis | Ralph Torrie ![]()
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En mai dernier, un groupe de militants ont enfourché leurs vélos à Tofino, en Colombie-Britannique, et ont pédalé jusqu'à l'autre bout du pays dans ce qu'ils appelaient Climate Change Caravan. Ce groupe autopropulsé, qui ne faisait usage d'aucun combustible fossile, avait pour mission d'approcher des milliers de Canadiens et de les sensibiliser personnellement à la question du changement climatique. Cette initiative populaire, menée par 12 étudiants de l'Université Mount Allison de Sackville, au Nouveau-Brunswick, a réussi là où les gouvernements ont échoué en inspirant une action personnelle et politique en faveur d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre au pays. « Nous avions l'impression que les déclarations de notre gouvernement aux conférences internationales n'étaient pas représentatives de ce que nous pensions », a déclaré la porte-parole du groupe, Kate Kennedy. « Nous estimions que le Canada pouvait faire mieux en matière de réduction des émissions. »
Non seulement la caravane a-t-elle donné l'exemple en matière d'énergie de remplacement, avec ses vélos et son véhicule de soutien propulsé à l'huile végétale, mais les organisateurs ont encouragé les Canadiens à faire leur part, chez eux, en souscrivant au programme « The BET ». Proposé dans le cadre d'une campagne Internet, ce programme en sept étapes est conçu pour réduire de 50 p. 100 les émissions annuelles de gaz à effet de serre d'un ménage, ce qui est supérieur aux objectifs du gouvernement fédéral. Après avoir effectué quelques centaines d'arrêts en traversant le pays, la caravane a conclu son périple à Halifax, en septembre. Le programme « The BET », qui a recruté quelque 3 000 participants, se poursuit et les organisateurs présenteront un mémoire au gouvernement au cours de l'année. |
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Le militant pacifiste Philip Berrigan désigne de « fiers résistants » ceux qui ne se contentent pas de rester passifs lorsque du tort est fait à la collectivité. C'est aussi l'expression que pourrait employer David Coon pour parler de sa mère Iris. Dans les années 1960, alors que des promoteurs menaçaient d'éliminer un chemin plus sûr que les autres que les enfants empruntaient pour se rendre à l'école, elle a fait du porte-à-porte dans son quartier habité par des familles anglophones et francophones afin de recueillir des signatures et de faire pression sur l'hôtel de ville pour contrecarrer ce projet. Plus de 30 ans plus tard, une allée libre de toute circulation, à Dollard-des-Ormeaux, symbolise la victoire de l'engagement individuel au service d'une juste cause.
À 45 ans, M. Coon est le digne héritier de sa mère. Sur le plan de la protection de l'environnement, il a fait ses premières armes avec Greenpeace, dans les années 1970, puis il a travaillé comme coordinateur d'un projet d'efficacité énergétique pour Pollution Probe, un organisme de Toronto, dans les années 1980. Depuis 1985, il occupe le poste de directeur des politiques au sein du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, un groupe de citoyens militants fondé en 1969 avec la mission de « promouvoir les politiques publiques qui reconnaissent l'importance d'un environnement sain et durable ». Dans une province à la réputation ternie par l'épandage de pesticides et la pollution industrielle, le Conseil fait face à des défis de taille. Mais, comme M. Coon l'a appris, le temps, la patience et la conscience publique peuvent induire des changements. « Alors, dit-il, on peut se concentrer sur les solutions. » Une de ces solutions est notamment un plan d'action régional visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce plan fut établi à l'issue d'un atelier sur le changement climatique organisé en mars 2001 par le gouvernement provincial. Le Conseil des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et les premiers ministres de l'Est du Canada s'étaient réunis à Fredericton à cette occasion. |
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Quand Hydro-Québec a annoncé son intention de construire un complexe hydro-électrique sur la rivière Ashuapmushuan, au centre de l'un des habitats privilégiés de la ouananiche, une espèce de saumon, Jean Paradis a compris qu'il était temps de mettre les gens « au courant ». Depuis longtemps déjà, Hydro-Québec avait clairement passé le message que l'économie d'énergie ne faisait plus partie de la vision d'avenir de la province.
M. Paradis ne croyait pas que le Québec avait besoin d'un autre grand barrage hydro-électrique nuisible pour l'environnement, et il pensait que ses voisins étaient de son avis. En 1994, il fonda Négawatts, une société sans but lucratif qui élabore des stratégies innovatrices en matière d'économie d'énergie. L'objectif de la sociéte est d'inciter les gens « à participer à l'économie de l'énergie, à la maison et au bureau ». Les familles invitées à prendre part à l'expérience reçoivent chacune un relevé de leur consommation actuelle d'énergie ainsi qu'un plan d'action personnalisé et détaillé sur la façon de réduire leur consommation. Deux collectivités participantes ont réussi à réduire leur consommation d'énergie de près de 15 p. 100 annuellement sur cinq ans, et M. Paradis est convaincu que si l'ensemble de la province adhère à ce programme, des économies annuelles de l'ordre de 8 à 9 p. 100 pourraient être réalisées. Une telle campagne impliquerait qu'Hydro-Québec accepte d'instaurer un régime « d'achat de négawatts », c'est-à-dire de financer un programme d'économie d'énergie à hauteur des coûts épargnés. |
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Deux scénarios s'offrent à nous dans l'avenir, prédit le consultant en efficacité énergétique Ralph Torrie. Ou bien nous étoufferons sous nos propres émissions de gaz à effet de serre, ou bien nous aurons créé des villes réellement efficaces. » Il n'en tient qu'à nous : « Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour réduire les émissions, conseille-t-il.
Ce peut-être une chose aussi simple que le covoiturage pour réduire la circulation en ville? »
Avec plus de 150 projets environnementaux à son actif, M. Torrie gagne sa vie en proposant des solutions judicieuses et durables aux problèmes d'énergie. Physicien de formation, il a commencé à travailler à des modèles informatiques de la consommation d'énergie dans les années 1970, alors qu'il s'intéressait également aux enjeux liés à l'énergie nucléaire. Il est aujourd'hui associé chez Torrie Smith Associates Inc., une société ayant créé un logiciel novateur qui a aidé près de 300 municipalités, au Canada et dans le monde, à analyser leur consommation d'énergie et à trouver des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Nous devons stabiliser notre relation avec le climat avant qu'il ne soit trop tard, prévient-il. Ce n'est pas comme si nous avions une autre planète en réserve. » Le succès, dit-il, implique une vision commune d'un avenir « faible en carbone ». Une des premières étapes consiste à rendre le public sensible aux questions environnementales et à développer l'idée du pouvoir vert, idéalement à l'échelon local. « Des choses fantastiques se produisent dans les hôtels de ville du monde entier », signale M. Torrie. |