Canada atlantique
La population du Canada atlantique quintuple entre 1800 et 1850. Le poisson et le bois sont les plus importants produits d’exportation. En 1851, seule l’Île-du-Prince-Édouard fait état d’une balance commerciale favorable pour les produits agricoles. Le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve importent beaucoup plus de produits agricoles qu’ils n’en exportent. Peu de blé est cultivé dans cette région et la plus grande partie des importations est sous forme de farine en provenance des deux Canadas et des États-Unis. En Nouvelle-Écosse, ces importations représentent plus des trois quarts des importations de nourriture au cours des années 1850, mais, au même moment, le commerce du bétail, des moutons, des chevaux, de la pomme de terre et des produits du bœuf de la colonie lui donne un excédent de plus de 100 000 £.

En dépit de ces déficits, l’agriculture du Canada atlantique n’en demeure pas moins complexe. Les districts agricoles les plus productifs se situent dans le centre et l’est de l’Île-du-Prince-Édouard, dans les vallées bien peuplées du fleuve Saint-Jean et des rivières Kennebecasis et Peticodiac au Nouveau-Brunswick et dans une rangée de comtés situés dans le nord de la Nouvelle-Écosse et l’est du Nouveau-Brunswick. Les principales cultures sont celles du fourrage, de la pomme de terre, de l’avoine et des céréales mélangées (blé, sarrasin, orge et seigle), viennent ensuite celles du navet, de la pomme, du maïs et du lin. Dans la vallée d’Annapolis-Cornwallis, où des familles d’origine anglo-américaine cultivent depuis près d’un siècle des terres antérieurement acadiennes, les productions commerciales sont celles de la pomme de terre et du bétail. Les principaux producteurs de céréales sont les fermes longeant le détroit peu profond de Northumberland car elles sont protégées des tempêtes et des brouillards de l’Atlantique par des hautes terres situées au sud et bénéficient de températures estivales chaudes.
Les produits de l’élevage sont le beurre, le fromage, le lait, le boeuf, le porc, le mouton, les œufs, le cuir, la laine et le suif. L’utilisation des terres reflète généralement l’importance du bétail dans cette économie à fermes mixtes où la plus grande partie des terres défrichées est consacrée, en combinaisons variables, au fourrage, à l’avoine, aux graminées (fléole et trèfle) et au pâturage. Lorsque des marais étendus offrent des pâturages naturels, les familles produisent plus de fourrage et élèvent plus de bétail. Ainsi, les agriculteurs du district de Tantramar du comté de Westmorland, au Nouveau-Brunswick – le district de la colonie peuplé de façon continue depuis le plus longtemps – fournissent de façon régulière du fourrage et des animaux de trait à Saint-Jean et à la région productrice de bois de Miramichi.
La répartition des terres améliorées est fonction des conditions physiques. Sur les côtes de l’Atlantique, l’agriculture de subsistance à petite échelle prévaut. L’âpreté des terres et l’importante main-d’œuvre exigée par les pêches limitent la plupart des familles à moins de trois acres (1,2 hectare) de terres améliorées, engraissées par des déchets de poisson et des algues, qui suffisent tout juste à un petit potager et à une petite prairie permettant d’élever une vache ou deux. Au contraire, dans les districts les plus productifs, la plupart des fermes disposent de 30 à 60 acres (12 à 24 hectares) de terres défrichées et quelques-unes couvrent plus de 75 acres (30 hectares).
Synopsis
Ce document interactif permet à l’utilisateur de choisir un thème afin de visionner des graphiques à barres fournissant des données sur les récoltes et la production fruitière, l’élevage et les céréales, propres aux différentes régions du pays.